Un samedi tranquille

Un samedi tranquille - Travis Tate

Mon colocataire est un specialiste AdWords, et il travaille normalement, comme un fou.  Il paraît qu’il se fait demander ses services régulièrement, c’est un marché qui vibre en ce moment ! Alors, le voir assis sur le sofa et regarder un film pendant l’après-midi, m’a grandement surpris.  J’ai pris la place à ses côtés, et j’ai écouté le film avec lui.  C’est agréable de pouvoir passer du temps avec lui, pour une fois, sans qu’il soit en train de répondre à son cellulaire ou qu’il ait à retourner à son ordinateur pour compléter la demande urgente de tel ou tel client.  Pour une fois, je peux m’amuser avec lui.

Alors, je lui ai demandé ce qu’il avait envie de faire après le film.  J’avais vraiment envie de sortir dans un bar, ou quelque chose du genre, mais lui, il voulait quelque chose de calme pour ne pas trop dépenser son énergie.  Ça se comprend ; il passe beaucoup de temps à satisfaire et s’occuper de ses clients, mais il ne prend pas vraiment le temps de se reposer.  Ça m’a fait grand plaisir de lui proposer d’aller dans un restaurant, et c’est lui qui a dit qu’il paierait, pour me remercier de ma patience avec lui depuis qu’on habite ensemble.  Je ne le réprimande jamais pour son manque de propreté, car je sais qu’il ne passe pas ses journées à glander sur le Playstation.  Je lui ai fait un grand sourire, et je l’ai remercié.

On s’est trouvé un bon restaurant italien pour déguster un repas copieux et raffiné.  C’est une place à 5 étoiles, et la table d’hôte compte cinq services.  Nous avons demandé une bonne bouteille de vin pour avoir la chance de vraiment relaxer et jaser.  On a ri de bon cœur ; il m’a confié plus tard, que ça faisait longtemps qu’il n’avait pas ri autant que ça.  J’étais content de pouvoir partager ce moment avec lui, et lui changer les idées.

Les assiettes étaient un peu moins généreuses que je l’aurais voulu, mais la fraîcheur des pâtes et de la sauce compensaient grandement pour les portions restreintes.  Mais, sans m’en rendre compte, je n’avais presque plus faim quand le temps du dessert est arrivé.  Lui aussi, il n’était pas tellement gros, alors j’ai réussi à tout dévorer sans problème, mais maintenant je comprends pourquoi les assiettes n’étaient pas aussi garnies que je l’aurais cru : la nourriture ici est rassasiante.  On en a eu pour notre argent !