Quand ça tombe plutôt mal...

Quand ça tombe plutôt mal... - Travis Tate

J’avais un rendez-vous important à l’autre bout de la ville, et je n’étais pas en avance, loin de là. Porté par mes pieds, et non par ma raison, je courrais sans me rendre compte que j’allais dans la mauvaise direction. Tout à coup, je glissais sur le sol mouillé, et je me tordis la cheville. Un cri de douleur m’échappa, qui fit se retourner un passant. L’homme, grand et assez costaud, me tint le bras pour me relever. Je sentis sa poigne forte, et cela me rassura. Jeune diplômé, je venais de commencer ce travail qui était mon premier emploi. Je ne pouvais pas me permettre de manquer ce rendez-vous sous peine d’être renvoyé. J’avais de la misère à marcher, et je pris l’autobus, pour aller plus vite. Un peu perdu, car je venais d’arriver en ville, je demandais au conducteur quel trajet je devais emprunter pour aller à ma destination.

Il m’expliqua que je m’étais égaré dans le labyrinthe de la ville, et que je pouvais arriver à temps si je prenais une correspondance à l’arrêt suivant. Je m’assis de nouveau, attendant de pouvoir sortir. Mes voisines parlaient d’epilation laser, de littérature cubaine et de leurs petits-enfants. Ce n’était pas de la curiosité de ma part, elles parlaient un peu fort et je n’étais pas le seul à profiter de leur discussion. J’étais parvenu à l’arrêt que le chauffeur m’avait indiqué. Je descendis en prenant garde à ne pas glisser et j’attendis l’autobus suivant. Cinq minutes plus tard, il arriva, mais si chargé qu’il me fut difficile d’y rentrer.

Pressé de tous les côtés, j’en arrachais, une fois que ma station fut annoncée, à me frayer un chemin jusqu’à la sortie. Je regardais ma montre, et je constatais que j’avais encore dix minutes devant moi. La rue où je devais aller était juste devant mes yeux, je ne perdis pas de temps. Je préférais être en avance, je rentrais dans la rue précipitamment. Un immeuble en briques, avec le numéro cinq de cloué sur la porte, était le lieu où mon rendez-vous était prévu. Je poussais la porte de l’entrée, et je vis un plan qui indiquait comment les entreprises et les particuliers étaient répartis dans le bâtiment. La société qui m’intéressait était au deuxième étage du bâtiment E. Mon avance n’était pas si importante que je le croyais. Je parvins au secrétariat pour annoncer ma venue juste au bon moment.