Mon ami, le smartphone

Mon ami, le smartphone - Travis Tate

Je venais d’acheter mon premier smartphone. Je faisais comme tout le monde la première fois, j’étais à deux doigts de me casser la figure en ratant une marche à force d’avoir le nez dessus. Le bout de mes doigts, qui jusque-là avaient toujours été tranquilles, devenaient utilisables plus de cinq heures par jour, et je crois même plus. J’avais téléchargé, je ne sais combien d’applications, toutes plus ou moins inutiles, à l’exception évidemment des plus évidentes. Un jour, alors que je voulais faire un peu de ménage pour installer un jeu qui prenait beaucoup de place en mémoire, je me rendais compte qu’on avait installé à mon insu une application indiquant la qualite de l air Montreal. Je ne savais comment elle était arrivée sur mon appareil, certainement accompagné d’une autre application qui devait être pour la météo. C’est vrai qu’on a un peu tous tendance à vouloir tester plusieurs applications aux thèmes identiques, les premières fois qu’on utilise un smartphone, à croire que tout le temps des loisirs sert maintenant qu’à cela. Même si je passe plusieurs minutes par jour à chercher quelques informations assez importantes pour moi au début pour finir presque chaque fois le nez sur des jeux idiots qui me font perdre un temps de vie inestimable.

Le pire avec les smartphones, c’est que le premier que l’on achète est vite démodé au bout de très peu de temps. Pour des raisons diverses, on reste à l’affût de la moindre nouveauté comme si notre vie en dépendait. Quand on sait qu’en plus, il y a deux grandes familles de smartphones et qu’il est rare qu’une personne se faisant adopter par l’une rejette l’autre comme si la cause était louable. Ceux qui sont Android, ne seront jamais Apple, et vice-versa. Qui a décidé de cette guerre ? Probablement, un professionnel en marketing très ingénieux. Lorsque l’on ose franchir le pas et essayer un smartphone d’un processeur différent, on entend presque des fois de la part de certaines personnes un cri à l’outrage. Il est vrai que pour certains, ces appareils constituent une continuité de leur corps physique. Beaucoup ne s’imagineraient même plus vivre sans. Quand on pense que ces appareils n’existent que depuis peu, on se demande quel part de soi réside dans cette boîte qui fait qu’il nous soit inadmissible de s’en séparer. Les centaines d’applications qui sortent chaque jour confortent l’existence de ces appareils en les rendants indispensables tant par une certaine utilité que par la distraction. Il faut espérer qu’une nouvelle technologie vienne à notre secours.